La loi du 22 juin 1989 définit
les 6 maladies considérées chez le chien comme des vices rédhibitoires. Il
s'agit de maladies graves.
Cette loi vise à protéger l'acheteur de chiots vis à vis de ces maladies. Le
vendeur est tenu par la loi de vendre des chiots indemnes de ces maladies, sauf
si une convention contraire est signée entre le vendeur et l'acheteur.
Si un chiot acheté présente, dans les délais légaux fixés par la loi et spécifique
à chaque maladie (voir plus loin), des signes d'une de ces maladies, l'acheteur
peut poursuivre une action en justice afin d'obtenir le remboursement intégral
du chiot.
L'action en justice doit se faire le plus rapidement possible au tribunal
d'instance du lieu de résidence de l'animal ou du propriétaire. Le juge nomme
alors un expert qui réexaminera le dossier et dressera un procès verbal.
L'affaire sera ensuite jugée si aucun accord amiable n'est possible.
Si le chiot vient à mourir, le vendeur n'est tenu de garantie que si l'acheteur
a porté plainte dans les délais légaux, et s'il peut prouver que la mort du
chiot est bien due à une des maladies concernées par la loi.
Le Code Rural définit les maladies suivantes comme étant des vices rédhibitoires
chez le chien :
- - La maladie de Carré.
- - L'hépatite contagieuse
ou hépatite de Rubarth.
- - La parvovirose canine.
- - La dysplasie coxo-fémorale
(de la hanche) .
- - L'ectopie testiculaire
pour les animaux de plus de 6 mois.
- - L'atrophie rétinienne.
Pour les trois premières maladies citées, qui sont des maladies
contagieuses du chien, l'action en rédhibition n'est possible qu'en présence
des conditions suivantes:
- -Un certificat de
suspicion émis par un vétérinaire.
- -L'émission doit
intervenir dans les délais définis pour chaque maladie par décret en
Conseil d'État.
- -L'action en rédhibition
est menée devant le tribunal d'instance dans des délais fixés en Conseil
d'État.
LES MALADIES CONTAGIEUSES
La maladie de Carré
Il s'agit d'une maladie très grave qui entraîne la mort ou des séquelles
nerveuses irréversibles.
Elle se manifeste par des symptômes très divers, allant d'une diarrhée à
une toux. Si le chien est vendu en période d'incubation (c'est à dire
qu'il est porteur du virus, mais ne présente pas encore de signes), il est
impossible de détecter la maladie.
Pour pouvoir imputer de façon certaine la responsabilité au vendeur, il
faut donc pouvoir prouver de façon certaine que le chien était bien
porteur du virus au moment de la vente (antériorité du vice à la vente).
Il faut donc respecter les délais d'action.
Le délai d'action en rédhibition est de 30 jours si un certificat de
suspicion a été émis par un vétérinaire dans les 8 jours francs après
livraison du chiot (c'est-à-dire huit journées calendaires complètes,
quel que soit le jours de livraison du chiot).
Si l'animal meurt ou est abattu, ce délai est reporté à 15 jours à
compter de la mort.
L'hépatite de Rubarth
Il s'agit également d'une maladie potentiellement grave et indétectable
chez un chiot en période d'incubation. Il existe plusieurs formes de la
maladie qui se manifestent par de la diarrhée, un abattement important, des
douleurs abdominales…
Il existe des formes graves directement mortelles, ou des formes chroniques
entraînant une destruction progressive du foie.
Le délai d'action est également fixé à 30 jours (ou 15 jours après la
mort le cas échéant) si un certificat de suspicion est émis dans les 6
jours francs après l'acquisition du chiot.
La parvovirose canine
C'est la troisième maladie concernée, rapidement mortelle chez le chiot.
Elle se manifeste essentiellement par une gastro-entérite, avec une diarrhée
très importante, contenant parfois du sang.
Le délai d'action en rédhibition est fixé à 30 jours (ou 15 jours après
la mort le cas échéant) si un certificat de suspicion est émis par le vétérinaire
dans les 5 jours francs après l'acquisition du chiot.
En pratique, une visite de santé chez un vétérinaire quelques jours après
l'acquisition d'un chiot est importante afin de vérifier son état de santé
et la possible présence d'un de ces vices rédhibitoires (et donc la rédaction
d'un certificat de suspicion par le vétérinaire).
Tout signe suspect comme une toux ou une diarrhée, même d'apparence bénigne,
doit vous alerter chez un jeune chiot, même vacciné.
LES MALADIES HÉRÉDITAIRES
Dans ces trois cas, le délai d'action en rédhibition est de 30 jours
francs après l'acquisition du chiot et la rédaction d'un certificat préalable
par un vétérinaire n'est pas nécessaire.
La dysplasie coxo-fémorale (ou dysplasie
de la hanche)
C'est une affection héréditaire du chien qui concerne l'articulation de la
hanche: il s'agit d'une laxité excessive du ligament reliant la tête du fémur
au bassin. Elle est responsable d'un mauvais fonctionnement de
l'articulation conduisant très souvent à terme à de l'arthrose. Le délai
d'apparition des symptômes de l'arthrose est très variable et parfois très
long (plusieurs années parfois). La relation entre l'importance de la
dysplasie et la gravité des signes observés n'est pas évidente.
Toutes les races de chiens, de grand et moyen format, peuvent être
atteintes de dysplasie de la hanche. Les plus touchés sont les bergers,
doberman, labrador, rottweiler, schnauzers, husky.…
C'est une maladie fréquente aujourd'hui dans de nombreuses races et des
efforts considérables sont faits par les éleveurs et les clubs de race,
ainsi que par la société centrale canine (SCC), afin de l'éradiquer.
En théorie, le délai d'action en rédhibition est de trente jours francs
après livraison de l'animal. Toutefois, la loi dit que les clichés pris
avant l'âge de un an, pour un animal vendu avant cet âge, peuvent être
pris en considération. Il y a donc contradiction entre le délai de rédhibition
et les preuves prises en considération dans l'action.
Toutefois, étant donné l'âge souvent tardif d'installation des signes de
la maladie et l'âge précoce de vente des chiots, ce type d'action est
rarement envisageable.
De plus, la seule conclusion du jugement, s'il est en faveur de l'acheteur,
est la restitution de l'animal au vendeur contre le remboursement du prix
d'achat.
Donc, tout soin apporté entre temps à l'animal par l'acheteur sans
l'accord du vendeur ne pourra être remboursé.
Et, lorsqu'on intente cette action, on est déjà souvent très attaché à
son animal (rappelons que les premiers signes de la maladie peuvent survenir
tardivement) et on ne souhaite pas le rendre.
Pour toute ces raisons, il est rare de pouvoir intenter une action en
justice pour cette maladie. L'idéal serait de trouver un accord amiable
avec le vendeur.
De plus, cette maladie est un réel problème d'élevage, auquel sont
confrontés beaucoup d'éleveurs de différentes races, et il ne faut pas présumer
d'emblée de leur bonne foi.
L'ectopie testiculaire (cryptorchidie ou
monorchidie)
On parle d'ectopie testiculaire chez les chiens pubères ne présentant
qu'un seul ou aucun testicule en place (dans les bourses) ; le ou les
testicules se trouve(nt) alors soit dans l'abdomen, soit coincé(s) au
niveau de l'aine.
C'est une anomalie héréditaire qui n'influe pas forcément sur la libido
et sur les capacités reproductrices du chien (sauf si les deux testicules
sont ectopiques, auquel cas le chien est en principe stérile).
Les testicules ectopiques ont toutefois fréquemment tendance avec le temps
à devenir cancéreux, ce qui met évidemment en jeu la vie de l'animal à
long terme.
Il peut également se tordre, entraînant une douleur abdominale importante
et pouvant également mettre en péril la vie du chien.
Il existe une possibilité d'essayer de faire descendre le testicule anormal
grâce à un traitement hormonal chez le jeune chien impubère.
Chez l'adulte, il vaut mieux opérer afin de retirer le ou les testicule(s)
ectopique(s).
Souvent, on retire les deux testicules systématiquement afin que le chien
ne transmette pas l'anomalie à sa descendance.
Les testicules du chien sont présents dans l'abdomen du fœtus et migrent
ensuite à leur place dans le scrotum (bourses).
A la naissance, ils ne sont pas palpables et ne le deviennent qu'après 70
jours environ; ils sont alors normalement en place mais peuvent encore
remonter dans l'abdomen.
Le diagnostic d'ectopie testiculaire ne peut donc être posé définitivement
qu'après l'âge de 10 semaines; les deux testicules doivent alors être en
place et ne plus remonter.
La loi sur les vices rédhibitoires ne concerne, pour cette maladie, que les
animaux de plus de 6 mois. Or, les chiots sont souvent achetés vers l'âge
de 2 à 3 mois et le recours en justice pour vice rédhibitoire est
impossible dans ce cas !
L'atrophie rétinienne
La rétine est la partie nerveuse, située au fond de l'œil, qui transmet
les informations visuelles au cerveau. L'atrophie de cette rétine entraîne
une perte de vision plus ou moins importante et précoce.
Elle peut être héréditaire ou acquise suite à une maladie (maladie de
Carré, diabète, glaucome…).
La seule forme d'atrophie rétinienne qui nous concerne ici est l'atrophie rétinienne
progressive généralisée. Il s'agit d'un terme général regroupant
plusieurs anomalies héréditaires, qui apparaissent plus ou moins tôt dans
la vie de l'animal selon les races concernées (entre six mois et cinq ans
environ).
On constate généralement une perte de vision d'abord la nuit, et l'œil
est souvent dilaté et paraît plus brillant. Il existe parfois une
cataracte associée (coloration blanchâtre de la pupille ou cristallin).
Les races prédisposées sont, pour n'en citer que quelques unes, le colley,
le setter irlandais, le schnauzer nain, le briard, le malamute, le caniche
nain, les cockers, le labrador, le husky…
On ne peut intenter une action en rédhibition que pour les races chez
lesquelles la maladie est décelable de façon précoce, étant donné le délai
d'action d'un mois.
Le diagnostic se fait par un examen du fond de l'œil et éventuellement un
E.R.G. (électrorétinogramme), examen permettant de tester directement le
bon fonctionnement de la rétine
source: chien.com